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Voyage à Tohouè février 2016

Ramon et Olivier se sont rendus à Tohouè le 12 février pour accompagner le développement du projet Volodalen au Bénin. Voici le compte-rendu de notre séjour.

Vendredi 12
Nous prenons le train à Grenchen à 5h52 pour arriver à Genève aéroport à 8h10. Nous avons chacun 2 valises à la limite des 23 kg + un bagage à main. Celui de Ramon doit peser au moins 15 kg soit pas loin de 120 kg au total dont certainement plus de 100 kg de matériel scolaire.
L'enregistrement et le contrôle se sont extrêmement rapidement, donc beaucoup d'attente ensuite. L'avion pour Paris est plein. Arrivée terminal 2F, départ terminal 2E, 10 minutes de marche dans le terminal, pas de nouveau contrôle, donc encore de l'attente. Embarquement un peu cafouilleux, l'avion est complet, encore pas mal de temps à patienter avant de décoller à peu près à l'heure. On arrive à 20h15 heure locale, que 5 minutes de retard. Nous devons remplir un formulaire pour confirmer qu'on n'a pas Ebola. Contrôle des douanes un peu long, récupération des bagages en 5 minutes. On doit passer les bagages dans un nouveau scanner, puis contrôle de correspondance des bagages assez bien organisés. Enfin, on est dehors à 21h10. Une seconde pour trouver un chauffeur de taxi. Discussion : c'est un « taxi officiel » de l'aéroport, du coup le prix est fixe pour Porto-Novo : 20'000. On descend quand même à 18'000. Bonne voiture, chauffeur sympa. Le quartier autour de l'aéroport semble s'être encore développer. Dans la nuit, tout me parait clean avec beaucoup de nouveaux gros bâtiments. Arrivée à Djereghbé, il y a une espèce de rond-point, je reconnais pas du tout le carrefour. Je suis obligé de demander pour être sûr que cette route part vraiment sur Tohouè. Hé ouais, une super belle route bien plate, pas une bosse, pas un trou, des espèces de trottoir tout le long. On arrive à Tohouè en moins de 5 minutes : des buvettes, des restaurants, un motel, des enseignes partout. C'est Las Vegas. Presque. Alexandre nous attend avec Roberta à la Buvette. On prend place dans nos chambres au premier. Merci Alexandre d'avoir pensé qu'on préfère le premier. Coupure d'électricité après 2 minutes. On va se coucher à la bougie.

Samedi 13
Je me réveille vers 7h. Depuis mon lit, j'écoute : pas de surprise, on entend beaucoup plus le bruit des voitures, bien plus rapides sur la route. Il y a surement aussi plus de trafic. Ça reste acceptable. On est samedi, on verra les autres jours. Martin n'est pas encore arrivé. Pas de café. On marche jusqu'au terrain de foot. Un match entre jeunes adultes commence. Le niveau individuel des joueurs me semble meilleur que d'habitude. On rencontre Guy, le chef des lapins. Malheureusement tous les lapins sont morts en octobre à cause de la rage… des lapins. Le projet lapin est mort. Ils ont recommencé un projet d'agriculture à côté de la cafet : des tomates, des concombres,… avec un système d'irrigation. C'est joli. On parle de la maison de Guy qui se trouve loin de la route. Il a installé un panneau solaire cette année. Il dit qu'il a acheté sa parcelle 350'000 en 2003 et qu'actuellement elle vaudrait 1'500'000. On reparle du fait que Volodalen aurait dû investir il y a quelques années. Il nous raconte qu'au début de la route, il y a eu quelques morts, mais que maintenant les gens sont habitués. On retourne à la cafet : le café est prêt. Petit tour dans le village. Pas de doute ça a changé. Quelques très grosses maisons qui n'existaient pas auparavant. On passe devant la maison d'Alexandre. Sa femme fait un petit commerce de condiments. Elle a une machine avec un moteur de moto qui broit les épices. On voit sa petite fille qui avait 1 jour la dernière fois qu'on l'a vu. Elle pleure en nous voyant. Ça fait toujours des bonnes photos. On a déjà soif. Retour, direction la buvette de Roberta. Grande retrouvaille avec la petite Estelle qui me reconnait. Première Béninoise pour Ramon. Poulet-frites de Martin, excellent. Petite sieste. Réunion avec Alexandre. On passe vite sur les comptes. Rien de spécial sur les dépenses. Pour les recettes : l'argent des motos-taxi ne rentre pas régulièrement. Les chauffeurs ont du mal à trouver 10'000 par semaine depuis la route terminée en juillet (donc depuis le début). Il propose de ne donner que 5'000. Ça nous emmène super loin. Le problème de la salle informatique avec Emmaüs s'amplifie, Alexandre doit déménage les ordinateurs de plus en plus souvent. Ils ont même le projet de louer la salle une semaine par mois à quelqu'un qui fait des formations. A chaque fois, Alexandre devrait tout déménager. Il existe un cyber-café à bout du village qui se connecte en 4G. On pourrait faire la même chose, mais avec cette salle, ça va être difficile. On décide de mettre en place un blog sur le projet qui serait mis à jour à la fois depuis l'Europe et le Bénin. Nous avons l'idée d'aller boire un verre le soir dans un bar à Porto-Novo. J'en parle à Martin qui par onde télépathique le dit à Alexandre et voilà, ils tiennent absolument à nous accompagner et donc on se retrouve dans un nouveau bar très sécurisé, très prétentieux et pas terrible. Mais c'est cool de retrouver Porto-Novo.

Dimanche 14
Après négociation avec Alexandre, on a notre dimanche de libre, seuls avec la moto. A nous l'aventure. Ramon teste la moto, pas de soucis, il maitrise. Nous partons pour le marché d'Adjarra, de l'autre côté de Porto-Novo. On demande notre chemin, tout le monde est super gentil et on finit avec une petite escorte pour nous accompagner jusqu'au marché. Celui-ci occupe une grande place au milieu du village avec des centaines d'échoppes. Un vrai marché africain, pas de touriste, beaucoup de produits locaux. Les vendeurs ne sont pas agressifs du tout, on peut se promener tranquillement. On repart sur Porto-Novo. On passe par hasard devant les transporteurs de sable en bateau. On s'arrête. Un mec nous demande si on veut faire un tour. C'est parti pour 2 heures de bateau style gondolier. On prend le contact d'un mec qui propose d'aller à Ganvier en bateau à moteur depuis Porto-Novo. Ça peut être une bonne idée. On repart sur la route principale du Nigéria pour aller à la plage. Retour direct par la voie en sable. Beaucoup de sable, super difficile, mais tout le monde est mort de rire en nous voyant passer. Pate rouge de Martin, excellent. Visite au marché de Tohouè de nuit. On essaye une nouvelle buvette. Pas bien. Comme tous les soirs, pas de courant de 20 à 22h. Ils tentent d'allumer le groupe électrogène, ça fait un bruit infernal et ça ne marche pas.

Lundi 15
Les enfants du CEG passent cette semaine le 2ème contrôle de l'année. Ce contrôle donne une note très importante pour leur année scolaire. Du coup, on aura peu de gamins en salle informatique pendant toute la semaine. A 9h, nous croisons quelques enfants qui reviennent déjà du collège. Abel et Loris viennent vers nous. Ils n'ont pas pu composer parce qu'ils n'avaient toujours pas payé la souscription de 14'000. Abel a payé 5'000, Loris rien. Ils ont une autre composition cette après-midi. C'est urgent, nous ne savons pas quoi faire. Visite organisée de l'école Le Miracle de Tohouè. C'est une école privée qui va de la maternelle au primaire. Je ne le savais pas, mais nous les soutenons par l'intermédiaire d'Alexandre depuis 1 ou 2 ans. Nous apportons quelques fournitures supplémentaires. Nous sommes plus qu'attendus. J'imaginais une vingtaine de gamins. Le Directeur, 8 enseignants, 259 enfants nous ont préparé une petite cérémonie : chant, danse, un enfant nous lit une lettre sur un ton incroyable. On n'était pas préparé pour ça, c'est assez émouvant. Nous donnons leurs photos, prises l'année dernière, aux voisines (4 dames). Grand succès. Nous sommes invités à boire un verre ce soir. Réunion avec Alexandre pour parler des élèves qui ne peuvent pas composer parce qu'ils n'ont pas payé. Ils sont apparemment une centaine à avoir été renvoyés. La décision est difficile mais nous ne paierons pas pour les enfants que nous avons rencontrés. Dans le futur, nous aiderons partiellement les enfants qui se montreront assidus pour faire leur devoir en salle informatique. Deo Gracia vient nous voir. Nous nous assurons de sa motivation pour les études qu'il entreprend à l'Injeps. Bien entendu, il assure qu'il ira jusqu'au bout quoiqu'il arrive. Nous rédigeons une lettre dans laquelle nous nous engageons à le soutenir pour ses 3 premières années d'étude. En échange, il doit rester en contact avec Alexandre qui peut demander son aide pour des organisations. Quand il en aura les moyens, il aidera le projet d'une façon ou d'une autre. Préparation du jeu-concours pour samedi : calcul, questionnaire et jeu d'adresse avec une balle. Bonne discussion autour d'une bière avec Guy qui termine sa journée de jardinage. Le gardien vient nous dire que la police des frontières est venue et lui a dit que les yovos ne devaient pas sortir la nuit. On ne comprend pas trop ce qu'il dit mais en gros, on doit faire gaffe à Bocoaram. La vérité est sans doute moins dramatique, on décide de ne pas en tenir compte. Malgré tout, on ne fait pas de folie et on se contente de la Buvette d'en face, chez Régine, qui est contente de voir des clients, on est bien accueilli. On finit par un peu de Light Painting sur le toit.

Mardi 16 février
Visite du centre Songhai. Très impressionnant. C'est un peu comme Emmaüs en 1 million de fois mieux. Guy nous dira qu'ils ont commencé juste après Emmaüs et que les premiers techniciens ont même été formés par Emmaüs. On essaiera d'y envoyer des gamins en apprentissage, la formation est entièrement prise en compte par le centre. On s'arrête à la Banque of Africa au retour pour échanger quelques millions. 1 heure d'attente en arrivant à 13h. Moins de monde à 14h. Discussion avec Noel pour évoquer notre salle informatique qu'ils nous obligent à quitter plusieurs fois par an. Pour nous c'est critique surtout si on installe un cyber. Mais pour lui, il n'y a pas de problème, donc pas de meilleure solution. Pour la facture d'électricité 4 fois plus élevée que d'habitude, sur une période où ils ont occupé la salle, il nous montre que leur facture est également 4 fois plus élevée. Comme d'habitude, on n'avance pas. Promenade dans le village. On rencontre Rébecca, une élève de seconde qui habite la maison dans laquelle on avait dormi avec Umberto en 2012. Elle vient de la ville et la conversation avec elle est plus avancée qu'avec les autres enfants du village. Au bout d'un moment, on a soif et on doit s'arrêter dans une des nouvelles buvettes du village. Pas terrible. Ramon commande un petit costume traditionnel pour enfant : 3'000 de tissu, 2'000 de couture. Promenade dans la nuit. On retrouve dans la buvette clandestine de la maman de Michel et Victoire. Elle n'est plus exactement au même endroit. Je ne sais pas comment le papa de Hugues chez qui on dormait avec Umberto en 2010 nous rejoint. Il est extrêmement chaleureux, alors qu'à l'époque il ne nous avait pas dit un mot.

Mercredi 17 février
Salle informatique, on prépare l'affiche qui sera placée au bord de la route pour le jeu-concours.
Ulrich arrive. Il vient du nord du pays pour nous voir. On parle longuement des actions qu'on peut mener ensemble. S'enregistrer comme association. Faire des dossiers pour des demandes de financement. Ulrich propose de mener ses actions gratuitement. Au moins tant que cela ne rapporte pas d'argent. Nous partons au musée Ethnographique Alexandre S. Adande pour retrouver Karl et Gladys les responsables de Cezac. Nous assistons à la fin de leur visite au musée : 400 enfants, 12 mini-bus. Vraiment impressionnant. Nous discutons. Je leur fait part de notre proposition de financement. Ils vont se réunir pour préparer leur réponse. On se revoit dimanche. Ils peuvent toujours accepter après notre départ. Nous visitons le musée. Pas extraordinaire, mais c'est rapide et le guide a quelques bonnes histoires. On s'arrête au Jardin des plantes pour boire une bière. Ulrich fait le show avec une vendeuse d'artisanat et la serveuse. Il est très bon.

Jeudi 18 février
Visite à Ganvier avec Alexandre et Ulrich. A 8h, on est sur 2 motos direction Djeregbe (1000 CFA). On trouve une voiture taxi pour l'embarcadère de Calavi. La discussion très animée pour le prix entre Ulrich et le chauffeur se prolonge toute la durée du voyage (9000 CFA). Environ 1h20. On prend une barque à voile (3'500 par personne). C'est vraiment pas mal. On croise quelques touristes, mais ça reste très authentique. Au retour, on s'arrête au grand marché de Dantokpa à Cotonou. C'est un peu plus chaud, mais ça vaut aussi largement le déplacement. Si on veut développer le tourisme, on a de quoi faire. Retour à Emmaüs. Longue discussion avec Ulrich. Nous commençons à noter les nombreuses idées et actions à mener.

Vendredi 19 février
Ulrich fait le point avec Alexandre. On les laisse ensemble. Par amitié pour Alexandre et par respect pour notre projet, Ulrich semble réellement motivé à réaliser les tâches administratives et de développement qui ne sont pas le point fort d'Alexandre. Je suis optimiste sur sa sincérité. Travail en salle informatique, réparation du notebook d'Alexandre qui contenait 583 virus. Ramon souhaite qu'on prépare le projet Cyber en Suisse pour venir l'implémenter l'année prochaine. Bonne idée. Si on développe le tourisme avec hébergement à Emmaüs, ce serait cool d'avoir le wifi (payant) dans les chambres. Préparation des lots pour le jeu, on utilise le matériel scolaire apporté, on a de quoi faire. Roberta, la serveuse fait une crise de palu. Elle n'a pas l'air épuisée. Ramon lui donne des pilules (à 60'000 CFA l'unité, mais on ne leur dit pas le prix). C'est sa fille de 12 ans qui la remplace. Nouvelle buvette dans le centre du village : c'est la plus sympa. Retour à pied dans la nuit par les petits chemins. Presque une heure de marche.

Samedi 20 février
Visite au match de foot pour 2 matchs amicaux. Nous ne restons pas jusqu'au bout.
Jeu concours : 43 enfants quand même, malgré le peu de communication. Grace à notre expérience et à une bonne préparation, l'organisation est presque parfaite. Juste trop de questions, la plupart des enfants ont du mal à les comprendre. Les gamins sont très contents des lots. Visite du collège, vide le samedi après-midi. En moto, jusqu'à la frontière du Nigéria. On s'arrête à une buvette proche du Nigéria. Les serveuses posent pour une photo. On doit apporter la photo l'année prochaine. Visite du cyber à l'autre bout de Tohouè. Le monsieur est gentil et son cyber tout petit est agréable. Pas encore de wifi mais on connecte le notebook sur le réseau pour le mettre à jour. Match de foot très cool avec des gamins (pas trop grands et pas trop forts) du village. Sortie le soir dans le village. Enorme cérémonie d'enterrement depuis 3 jours et nuits. On rencontre « notre grand ami Maxime », notre organisateur culturel préféré. Je ne le reconnais pas tout de suite. Il me reproche de ne le plus le contacter. C'est sa grand-mère qu'on enterre. Il nous invite. On refuse prudemment.

Dimanche 21 février
Salle informatique, tentative difficile d'améliorer quelques ordis. Karl, Gladys et Deo Gracias arrivent. Ils n'ont pas d'élément précis à nous proposer mais ils sont d'accord avec notre proposition de prêt d'argent. On s'entend pour 20% sur 24 mois avec règlement trimestriel. Par exemple, si on prête 2 millions, ils remboursent 300'000 tous les 3 mois pendant 2 ans. Roberta qui a récemment construit une maison, veut nous la faire montrer. Petite maison neuve sur une demi-parcelle (prix du terrain : 600'000). C'est pas si mal mais c'est super loin au milieu de la brousse. Elle s'est bien endettée et elle ne mange pas tous les jours pour rembourser. Au moins elle a un truc à elle. Les voisines qui ont compris le principe des photos papier qui arrivent l'année suivante sont passées chez le coiffeur et se sont mises en grande tenue. Séance photos. Le taxi arrive à 18h20. Les adieux avec Abel, Rébecca, Roberta, Sabine, Estelle et Alexandre sont assez émouvants. Le chauffeur roule extrêmement vite et slalome dans le trafic avec sa 505. Du coup, on arrive beaucoup trop tôt à l'aéroport. On paye 15'000. L'avion est plein à craquer, pas confortable du tout. Avion en retard pour Genève. Encore 2 heures de train. Je suis chez moi, 19 heures après être parti de Tohouè.

Olivier


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